L’hiver ou le déluge

Installation photographique, 2015.
10 Impressions pigmentaires format 60 x 80 cm sous Diasec® encadrés.

Les animaux photographiées sont des grenouilles d’élevage et proviennent d’un fournisseur spécialisé dans la fourniture de matériel pédagogique scientifique. Elles sont généralement utilisées dans les cours de dissection en SVT. J’ai placé ces grenouilles dans des bacs remplis d’eau et mis à congeler. J’ai ensuite photographié en transparence ces gros glaçons contenant chacun une à deux grenouilles saisies dans la glace.

“ La vie c’est la mort. L’art est vie, donc mortel. “

Que voulait dire Claude Bernard, mettait-il en question l’immortalité de l’art en tant qu’acte humain pour se soustraire de son état de simple mortel ? Ou l’art serait- il à un instant T, le témoignage des préoccupations et questionnements du monde qui nous entoure réalisés avec des outils esthétiques propre à l’art et à son histoire? Et si la vie ne serait plus la mort, qu’en deviendra t-il alors de l’art?

L’œuvre «L ‘hiver ou le déluge» traite du vieux rêve de se soustraire du temps et donc d’éloigner la mort, c’est l’idée de l’hibernation.

Dans le roman «Jack Barron et l’Éternité» de Norman Spinrad, l’un des protagonistes dirige une Fondation pour l’Immortalité Humaine et propose de cryogénisée des patients en attendant que la science découvre le secret de l’immortalité. Bien que cela reste du domaine de la science-fiction, l’Agence Spatiale Européenne et la NASA envisagent de manière très sérieuse de plonger les astronautes dans un profond sommeil thérapeutique pour un futur voyage pour Mars. L’objectif d’une telle manipulation est de faire entrer les voyageurs de l’espace dans un état physiologique d’hibernation artificielle.

La cryonie ou cryogénisation (souvent confondue à tort avec la cryogénie), est un procédé de conservation à très basse température d’humains ou d’animaux dont la subsistance ne peut plus être médicalement assurée, dans l’espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement. Dans l’état actuel du savoir-faire médical, le procédé n’est pas réversible. En Russie, la cryoconservation de la tête ou du cerveau d’un patient coûte 10 000$ et tout le corps est à partir de 30 000 $. Aux États-Unis, il ne peut être pratiqué que sur des humains pour lesquels un certificat de décès a été signé, et si le stade de mort clinique n’est pas encore trop avancé. Fin 2013, environ 250 personnes auraient été cryogénisées dans le monde.
La cryonie est toujours perçue de nos jours avec scepticisme par la plupart des scientifiques et médecins. Cependant, parmi les militants, se trouvent bon nombre de chercheurs, dont les cryobiologistes, qui espèrent de grandes avancées dans la médecine, notamment dans les nanotechnologies, qui pourraient permettre la régénération des tissus et des organes au niveau moléculaire.
La cryobiologie est une discipline scientifique qui étudie les espèces vivants à basses températures. La salamandre de Sibérie, certaines tortues, le serpent jarretière, le lézard commun de France, de nombreuses espèces d’invertébrés marins, les moules, les bigorneaux et certaines plantes peuvent survivre à des températures ponctuelles en dessous de 0°C. Des centaines d’espèces d’insectes, des araignées, des tiques, des mites supportent même des températures très inférieures à celles que peuvent supporter les lézards. Enfin, de très nombreux micro-organismes et organismes unicellulaires peuvent même supporter la température de l’azote liquide (-196 °C).

A la différence de la majorité du monde vivant, la grenouille des bois, Lithobates sylvaticus, peut rester entièrement gelée soumise au climat glacial de l’Alaska, tous les organes de la grenouille se gèlent et l’animal se retrouve dur comme de la glace. Ce petit amphibien est en effet capable de geler entièrement et, surtout, de se réveiller quand le climat s’y prête. Elle contient une molécule appelée glycolipide antigel produit par son foie. Cela permet au gel de se développer entre les cellules sans qu’il ne déchire leur membrane. Car c’est le gel de l’intérieur des cellules qui provoque des lésions fatales aux autres animaux.
Si sa cousine du sud du Canada ne survit généralement pas au-delà de -7°C et deux mois de gel, on retrouve pourtant cette grenouille peu frileuse dans des zones arctiques où la température descend à -20°C . A ces températures, elles ne respirent plus, leurs pattes sont cassantes comme du verre et leur cœur est arrêté...

Et si la vie ne serait plus la mort, qu’en deviendra t-il alors de l’art?

 
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